Une partie de ce texte est repris de l’excellent site NetMarine

Mis sur cale le 23 février 1962, le Rhône, a été lancé le 8 décembre 1962 et admis au service actif le 12 octobre 1964. C’est le deuxième d’une série de cinq bâtiments initialement destinés au soutien logistique d’une force navale, et désignés à l’origine Bâtiment de Soutien Logistique (BSL). L’appellation est devenue Bâtiment de Soutien Mobile (BSM) en 1985.

Février 1997. Passation de suite à Saint-Martin (Antilles françaises) entre le Rhin (A621) et le Rhône, à l’arrière plan.

Initialement conçu en version de soutien aux sous-marins, le Rhône était prévu pour accompagner un groupe de sous-marins.

À cet effet :

  • il disposait d’ateliers de réparation pour la mécanique, l’électricité et l’électronique,
  • il était équipé pour le stockage, la manutention et la maintenance des torpilles en permettant d’assurer l’approvisionnement des sous-marins rentrant de mission.
Devant un des canons de 40 mm du Rhône, se profile un des deux sous-marins (Narval ou Dauphin) qu’il accompagne en Arctique au cours de la croisière Sauna de 1965.

Ses installations lui permettaient, en effet, d’embarquer de 44 à 60 torpilles selon les modèles. La grue située à cet effet sur la plage avant du bâtiment comme sur le Rhin pouvait lever 2 tonnes à 15 mètres ou 5 tonnes à 9 mètres et sa rotation était possible sur 360 degrés. Elle permettait également de procéder au remplacement d’un périscope ou d’un engin hissable de sous-marin par un des rechanges dont disposait le Rhône dans un stockage spécial.

Le Rhône au bassin à Fort-de-France, Martinique.
  • il permettait, en outre, le logement des équipages de deux sous-marins. Aussi les locaux-vie et les installations sanitaires et hospitalières étaient-ils particulièrement développés pour un bâtiment de ce tonnage.

La dernière cérémonie des couleurs a eu lieu le 4 avril 1997. Le Rhône a été désarmé le 12 mai 1997. (Netmarine.net)

Longtemps basée à Lorient, la Dame grise de Kéroman, surnommée affectueusement ainsi puisque seul navire de surface parmi les bateaux noirs auxquels il servait de nourrice et d’hôtel, le Rhône aura connu toutes les zones de navigation de l’Atlantique au Pacifique dans son rôle de soutien aux sous-marins. Mais, l’arrivée des SNA (à propulsion nucléaire) se passant plus facilement de sa présence, fit qu’il perdit sa spécialisation pour devenir Bâtiment de Soutien Mobile stationné aux Antilles Guyane au profit de l’entretien des navires la flotte dans cette région. Victime du plan de réduction de 20 % de la Marine ainsi qu’en raison de son mauvais état général consécutif à ce long séjour outre-mer, le Rhône fut désarmé. Vaillant serviteur, il fera sa carrière comme brise-lames au Club Nautique de la Marine à la pointe de l’Espérance en rade de Lorient.

Le 15 mai 2019, le Rhône quitte Lorient en convoi avec le remorqueur Multratug 18. Destination : Gand, en Belgique où il sera déconstruit. Photo Le Télégramme/Emmanuelle Gourvès.